Exposition
Festival irréel
Philippe braquenier
Tout public
Les terres plates d’Evere
vendredi 02/10/2026 à 14h00
Parmi les archives réunies pour Earth Not a Globe, projet initié en 2016 et toujours en cours, l’artiste Philippe Braquenier révèle une histoire méconnue : l’existence, depuis plus d’un siècle, d’une communauté platiste implantée sur le territoire d’Evere.
À travers des images d’archives locales inédites, l’exposition met en lumière les traces de cette société singulière et interroge la persistance des croyances, la construction des récits et les frontières mouvantes entre faits, convictions et imaginaires collectifs.
Vernissage jeudi 01.10.26 // 18h
lundi, mardi, jeudi, vendredi & dimanche : fermé
mercredi : sur réservation
samedi : 14:00-17:00
(horaires des permanences annoncées prochainement)
Gratuit
Vernissage jeudi 01.10.26 // 18h
lundi, mardi, jeudi, vendredi & dimanche : fermé
mercredi : sur réservation
samedi : 14:00-17:00
(horaires des permanences annoncées prochainement)
Philippe Braquenier est fasciné par la connaissance, et plus particulièrement par la manière dont elle est collectée, utilisée, partagée et stockée. Son travail ouvre une réflexion sur notre obsession à traiter l'information, à une époque où les données deviennent de plus en plus omniprésentes, mais aussi de plus en plus invisibles. Adoptant une perspective sobre et dépassionnée, l'artiste relie ensuite ces concepts à des enjeux à bien plus grande échelle : l'évolution, l'héritage et la nature précaire de la révolution numérique.
Diplômé d'un bachelier en photographie de la HELB, il travaille dans le secteur de la publicité jusqu'en 2016. Depuis ce tournant professionnel, ses œuvres ont notamment été exposées à la Fondation Aperture à New York, au pavillon belge lors de la Biennale de Venise en 2018, ainsi qu'au festival de photo JIMEI x ARLES, parmi d'autres institutions et galeries. Son travail fait l'objet de publications internationales et il a été finaliste du Prix de la Découverte Louis Roederer en 2020.
Earth Not a Globe tire son nom d'un ouvrage influent consacré à l'une des théories du complot les plus extrêmes, qui soutient que la surface de la Terre est plate et non sphérique. Théorisée par Samuel Birley Rowbotham à la fin du XIXe siècle, cette doctrine rassemble depuis une vaste communauté d'adeptes qui continuent aujourd'hui d'en propager la parole de manière virale.
Pour ce projet, Philippe Braquenier plonge au cœur même des mécanismes discursifs à l'œuvre dans ces théories complotistes, ciblant et disséquant une série d'affirmations platistes à travers le prisme de sa propre expérience. Pour ce faire, il s'approprie les méthodes des disciples de Rowbotham afin de restituer, en images, une expérience empirique similaire. Il produit ainsi des preuves « scientifiques » — presque médico-légales — en manipulant, fragmentant, détournant et retouchant ses clichés. En retirant ces images de leur contexte et en les accompagnant de brèves légendes, il pourrait nous amener à douter de la rotation de la Terre ou de l'existence même de la gravité… si ce n'est pour un détail clé : l'auteur a sciemment laissé visibles les traces de son intervention plastique, comme autant d'indices de son processus de création. En combinant les codes de la photographie documentaire et sa propre subjectivité assumée, il adopte une posture résolument réflexive sur sa pratique. De la sorte, la rhétorique complotiste tout comme les stéréotypes et les automatismes qui façonnent le regard du photographe se trouvent simultanément remis en question.
À l'ère de la post-vérité et de l'information mondialisée, son travail s'impose finalement comme une réflexion critique sur notre rapport aux images et sur leur pouvoir potentiel en tant que vecteurs de théories du complot.
Texte original de Marie Papazoglou (https://philippebraquenier.com/earth-not-a-globe)
